La vie, Régis de Sa Moreira

2 04 2013

La vie

Présentation de l’éditeur

Des personnages se succèdent et se croisent, auxquels on s’attache le temps de quelques lignes, d’une pensée, d’un fragment d’histoire, par une fenêtre ou un rideau, un souvenir, un quai de métro, un souffle, tout ce qui tisse le fil du hasard.
L’étudiante, le jardinier, la star, l’astronaute, l’enfant, le boulanger, le prof d’histoire, et même des morts ou le Pape… ont pourtant un point commun : cette vie continue, qui coule, circule d’âme en âme, et nous relie.
Pris de vivacité et de fraîcheur, on entre surpris, promené comme à la marelle par un texte profond et tendrement drôle. Vite on en savoure chaque paragraphe, on le relit, on reconnaît les personnages, on se demande où cela va nous mener.
Peu à peu, on devient l’autre, tous les autres, le texte déborde nos vies. On se surprend à regarder autour de soi, à observer son voisin.
La vie est un miraculeux hommage à la communion muette des âmes, à notre humanité.

 

L’auteur

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Régis de Sá Moreira est né en 1973. Après Pas de temps à perdre (lauréat du Prix Le Livre Élu en 2002), Zéro tués, Le Libraire et Mari et femme, La vie est son cinquième roman.  (source : Au Diable Vauvert).

 

Le livre

Editions Au Diable Vauvert – Paru le 22/08/12

Format broché – 119 pages

Une couverture toute simple où chaque lettre est connectée à une autre comme dans un arbre, ce qui reflète exactement le texte de ce livre.

 

Mon avis

J’ai lu ce livre entre deux grandes périodes de lecture de littérature jeunesse, fantasy, dystopie et jeunes adultes car j’avais besoin d’un livre qui me ramène à la réalité. D’autant plus qu’un livre qui prône la vie en peu de pages, cela était bien parti! Malheureusement, le livre n’a pas eu l’effet  escompté pour moi!

Dès la première page, j’ai été conquise par l’originalité de l’écriture où l’on passe des pensées d’un personnage à un autre avec comme fil conducteur un simple mot en fin de paragraphe. Cela nous donne accès aux pensées des gens à cet instant T comme tout à chacun dans la vie. Puis nous passons à un autre : chaque paragraphe concerne une personne différente : homme, femme, enfant, étudiant, bébé, suicidaire, personne décédée… bref tout un panel de personnages.

Malgré tout, passé cette originalité, le livre m’a ennuyé! En effet, finalement aucune histoire ne se détache de ce roman, aucun personnage auquel on pourrait se rattacher, cela m’a manqué. Alors oui, c’est sûr qu’il s’agit d’un livre sur la vie en générale, vie assez banale comme dans la plupart des cas. Cependant, je m’attendais à une fin où tout serait lié par quelque chose mais non, le livre se termine comme il a commencé, simplement sur la vie.

En conclusion, ma note

2,5
Malgré l’originalité du style et de la plume de l’auteur, je n’ai pas accroché à ce livre par le manque d’histoire et par le manque d’attachement aux personnages puisque ceux-ci n’apparaissent que pour quelques lignes.

Quelques citations

p66 : “L’être humain veut toujours être là où il n’est pas. La réalité n’a aucune chance contre l’imagination, elle perd à tous les coups la pauvre, sa seule consolation c’est d’être réelle. Je rêve d’Angelina Jolie et je me réveille avec une nouille dont je ne sais même pas le nom, elle a beau être réelle, je préfère quand je rêve. Est-ce que je rêverai d’une nouille si je dormais avec Angelina Jolie ?…”

p76 : “Je me suis demandée ce qu’il me voulait cet ostrogoth, jusqu’à ce que je réalise que je le regardais aussi. Nos yeux savent des choses que nos esprits nous cachent.”

Petits plus

N’hésitez pas à aller découvrir un avis plus positif que le mien, puisque Mya Rosa a adoré ce roman!





Yakusa Gokudo, tome 1: les otages du Dieu-Dragon, Michel Honaker

21 03 2013

Yakusa Gokudo t1

Présentation de l’éditeur

Les préceptes du Yakusa:

  • En toute occasion tu resteras loyal à ton clan.
  • Jamais tu ne révéleras les secrets de ton clan.
  • Si nécessaire tu sacrifieras ta vie pour ton clan.

A ce prix s’ouvrira pour toi le Gokudo, la voie ultime. La seule assez noble pour être suivie par le Yakusa.

Une jeune femme tout droit sortie des eaux erre sur le port de Kishiwada. Saburo décide de la protéger. Entre sa conscience et les ordres de son clan, le jeune yakusa va devoir faire un choix.

L’auteur

Michel Honaker
Michel Honaker est un écrivain français. Il a commencé dans la science-fiction puis s’est tourné vers la littérature jeunesse où il a écrit de très nombreux livres.

Le livre

Editions Flammarion – Paru le 06/02/13
Format broché – 224 pages
Illustration par Aurélien Police

J’aime beaucoup la couverture, notamment la robe de la jeune femme qui se confond avec une vague de l’océan. L’illustration reflète exactement ce que contient le livre.

Mon avis

Je ne connaissais pas du tout l’univers des Yakusa correspondant à la mafia japonaise (oui oui je suis une inculte lol mais il est vrai que je ne savais pas que la mafia japonaise portait se nom là).  J’ai donc tout de suite été intéressée pour découvrir ces fameux Yakusa et leurs préceptes.

Je dois dire qu’au début, j’ai trouvé le roman long à démarrer. Certes on fait la connaissance de Saburo, ce jeune Yakusa tiraillé entre les membres de son clan et sa mère qui ne comprend pas la décision de son fils de faire partie de la mafia, elle qui voulait qu’il fasse les beaux-arts à Paris! Lors d’une mission pour son clan, il découvre tout droit sortie de la baie d’Osaka, une jeune fille, Mariko, qui lui fait penser à la princesse des mers Otohimé (un conte que sa mère lui contait durant son enfance et qu’il admire beaucoup).  Celle-ci sous le choc, ne parle pas et Saburo décide de l’aider, malgré les interdictions de son clan et les bâtons dans les roues mis par la police.

Par la suite, l’action est au rendez-vous et les événements s’enchainent comme tout bon thriller. Recherchée par la mafia coréenne, Mariko va être prise sous l’aile de Saburo. A force de persévérance, il finira par découvrir que Mariko n’est pas coréenne mais japonaise, enlevée par la Corée du Nord durant l’enfance afin de servir l’armée nord coréenne notamment pour leur apprendre le japonais et les coutumes du Japon. Je ne connaissais pas du tout ces événements alors que cela fait plusieurs années que cela se déroule et comme le dit si bien Michel Honaker :

« Le désir d’aborder le sujet des yakusa remonte à plusieurs années. En fait, mon épouse étant japonaise, et originaire de Kishiwada, comme du reste toute ma belle famille, nous avons souvent eu des discussions à ce sujet. Les héros de ce roman ont ceci de particulier qu’ils renvoient à des personnages bien réels. Ne restait qu’à mettre en scène une bonne histoire se déroulant dans ce milieu. Là encore, mon épouse a été d’un précieux concours, en évoquant les « disparus » japonais, kidnappés par des commandos nord-coréens, et ce depuis plus de 40 ans. Imagine t-on des espions italiens, enlevant de jeunes adolescents sur des plages de Nice, et les séquestrant jusqu’à leur âge adulte… Cela fait froid dans le dos. Et c’est ce que j’ai ressenti en écoutant cette incroyable histoire. Au Japon, tout le monde sait, en dépit des dénégations officielles… très embarrassantes. »

Concernant les personnages, j’ai apprécié Saburo, bien qu’en lisant le livre, j’avais l’impression qu’il soit un surhomme, dormant et mangeant très peu! L’honneur et le respect sont pour lui très importants et malgré le fait qu’il fasse parti de la mafia, il a bon cœur et n’hésite pas à braver son clan pour faire ce que lui dicte son cœur. Sa relation avec sa mère est vraiment attachante, on sent que c’est lui l’homme de la maison, qui ramène l’argent pour aider sa mère. Cependant, il reste encore le fils et celle-ci n’hésite pas à lui mettre des claques lorsqu’il passe la nuit dehors! D’ailleurs j’ai beaucoup aimé la mère de Saburo, un petit bout de femme qui lutte coûte que coûte pour garder l’honneur de sa famille. Enfin, je n’ai pas du tout adhéré au personnage de Mariko. J’ai trouvé son personnage trop « demoiselle en détresse« .

J’ai beaucoup apprécié de découvrir l’univers des Yakusa, avec leurs codes, leurs préceptes, les divisions du clan… Cette mafia qui règne en maître et dont même les autorités ferment les yeux sur leurs agissements.
Les détails sur le Japon ainsi que sur les Yakusa nous laissent deviner un grand travail de recherche par l’auteur, d’ailleurs cela est confirmé par les propos de l’auteur lui-même puisqu’il s’est renseigné auprès de sa femme et de sa belle famille. Cependant, j’aurai aimé en savoir encore plus et que le clan soit plus présent au niveau de l’histoire, j’espère que cela sera le cas dans les prochains tomes.

En conclusion, ma note

4,5
Un univers inconnu que j’ai aimé découvrir, un thriller où les événements s’enchainent ne laissant aucun répit à notre héros.

Petits plus

Je remercie les éditions Flammarion pour cette découverte.

Livre lu dans le cadre de : 81568792_p.jpg Catégorie Animal





L’héritage des Darcer, tome 3 : la relève, Marie Caillet

17 03 2013

L'héritage des darcer t3

 

Présentation de l’éditeur

Renversée depuis des années par une terrible dictature, la dynastie des Darcer n’a qu’une seule descendante : Mydria. Pour chasser le roi usurpateur, celle-ci ne dispose que de son Don d’ailes, un mystérieux pouvoir capable de la métamorphoser en papillon…

Le royaume d’Edrilion est plus que jamais en danger. Le Sanreth, le roi bâtard, s’est emparé du trône, et dans son ombre travaillent la sournoise reine de la Déléane et ses terrifiantes Chimères. Pour Mydria, seule héritière légitime de la Couronne, il est temps de se révéler au grand jour et de reprendre le pouvoir. Elle s’efforce alors de créer de nouvelles alliances pour déclencher une guerre souterraine. Aidée de son amant Orest, d’Allian l’espion et de Kebren la traqueuse aux pattes de velours, elle tente de gagner l’appui des Fauconniers et de réunir une armée. Mais il faut frapper vite, car les Chimères se déploient dans tout le pays à sa recherche. Mydria doit tout faire pour récupérer son royaume, libérer ses sujets de l’oppresseur et sauver son unique espoir : l’enfant qu’elle attend en secret. Le dernier des Darcer…

L’auteur

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Très jeune auteure, puisque ce premier tome fut écrit à l’âge de 18 ans lorsqu’elle remporta le concours du nouvel auteur jeunesse.

Le premier tome de cette trilogie est paru le 14/10/2010, vous pouvez lire mon avis ici.
Le second tome , Allégeance, est paru le 01/12/2011, vous pouvez lire mon avis ici.
Le dernier tome , La relève, est paru le 03/01/2013

N’hésitez pas à vous rendre sur le blog de l’auteure : http://mariecaillet.20minutes-blogs.fr/

Le livre

Editions Michel Lafon.
Format broché paru le 03/01/2013 – 370 pages.
Une couverture très jolie pour ce dernier tome bien que j’ai préféré celles des deux premiers tomes.

Mon avis

Quel plaisir de retrouver My et ses compagnons mais quel pincement au cœur de savoir qu’on est en train de lire le dernier tome de leurs aventures! Et pas d’inquiétude, aucun spoiler dans cet avis!

Mon avis ne va pas diverger par rapport aux précédents : j’apprécie toujours la plume de Marie Caillet qui, toute en finesse, nous dresse un univers magnifique d’Edrilion et de ses environs, nous offre un panel de personnages ayant chacun son importance dans l’histoire, mais attention, pas une série de personnages plats! Le récit ne souffre d’aucune longueur, les événements s’enchainent les uns après les autres et on n’est pas au bout de nos surprises!

Chaque tome nous dévoile un ordre d’Edrilion : dans le premier tome nous avons découvert la guilde des assassins, dans le second, l’ordre des Kmetts. Ici, nous en apprenons d’avantage sur l’ordre des Fauconniers, dirigeants des plus grandes villes d’Edrilion et je dois dire que je me suis attachée à Kebren.

Les chimères de La Déléane sont également mises en avant, notamment les relations qu’elles entretiennent avec Welfenda (reine de la Déléane) et de son Sanreth. Nous faisons la connaissance également d’un autre pays : Acryak et ses coutumes.

La relation entre My et Orest va prendre un tournant décisif et sera parsemée d’embuches. Cependant leur complicité est toujours la même qu’au premier tome et les deux tourtereaux continuent autant à se lancer des pics pour notre plus grand plaisir!

J’ai beaucoup aimé en apprendre d’avantage sur le don de My et ses particularités. Bien que minuscule, celui-ci est très puissant et aidera plus d’une fois My dans sa quête.

On sourit beaucoup avec ce livre mais je dois dire qu’il fait pleurer aussi! L’auteure nous fait une révélation des plus inattendue et je dois dire que celle-ci m’a totalement chamboulée ! Mais vous en serez plus en lisant le livre!

En conclusion, ma note

5
Un tome qui clôture avec brio cette merveilleuse trilogie où l’action est au rendez-vous et les personnages toujours aussi importants et attachants. Une jeune auteure avec un grand talent à suivre de très près!





Lune mauve, tome 1 : la disparue, Marilou Aznar

10 03 2013

Lune Mauve

 

Présentation de l’éditeur

Un seul coup d’oeil m’avait suffi pour constater que j’étais la fille la plus mal fagotée du bahut. Moi, Séléné Savel, à Darcourt, le lycée le plus snob de Paris? Je m’y donnais autant de chances de survie qu’une souris lâchée dans un enclos de chats affamés! J’étais plongée dans mes pensées moroses lorsqu’une élève me bouscula. Là où elle m’avait touchée, la peau me démangeait d’une vibration électrique. Un visage s’insinua dans mon esprit, celui d’un inconnu aux iris aussi verts et froids que ceux d’un serpent, puis il s’effaça aussitôt. Je retiens ma respiration. Ma nouvelle vie était sur le point de commencer.

Son destin est plus grand que le notre.

L’auteur

Marilou AznarMarilou Aznar a travaillé dans le milieu de la musique ainsi que dans le monde du doublage des séries TV.

Lune mauve, son premier livre est une trilogie dont le premier tome : la disparue, est paru le 6 mars 2013. Le tome 2 : l’héritière, paraitra en mai 2013 et le troisième et dernier volet : l’affranchie, sortira en automne 2013.

Le livre

Editions Casterman – Paru le 6 mars 2013.

Format broché – 432 pages.

Alors là, je dois dire un grand bravo à la maison d’édition pour la beauté du livre. On ne le voit pas sur l’image mais la couverture est irisée, avec le titre en relief. La lune en premier plan nous envoute complètement et nous invite à découvrir son secret. La jeune adolescente de la couverture reste en retrait permettant de nous laisser hypnotiser par la lune.

Mon avis

Écrit à la première personne, nous faisons la connaissance de Séléné, perdue au fin fond de la presqu’île de Crozon en Bretagne. Séléné qui jusqu’ici vivait un peu recluse avec son père, va se retrouver propulsée pour sa rentrée de seconde dans l’un des lycées les plus snob de Paris : Darcourt. Elle va tout de suite être prise en grippe par la “star” du lycée et sa clique : Alexia sa cousine. Des éléments étranges vont se produire depuis son arrivée à Paris et des éléments sur la disparition de sa mère il y a plusieurs années vont forcer Alexia a enquêter sur ses origines et notamment sur la soudaine disparition de sa mère.

Séléné est vraiment attachante. J’ai tout de suite adhéré à ce personnage, non pas parce qu’il s’agit de l’héroïne, mais tout simplement parce qu’elle est vraie et authentique. Ce n’est pas l’une de ces miss parfaites que l’on rencontre souvent dans les livres. Séléné est tout simplement l’adolescente dans toute sa splendeur avec ses qualités et des défauts : peu sûre d’elle, elle peut être adorable avec ses amis et l’instant d’après devenir totalement égoïste. Elle va faire beaucoup d’erreurs, notamment avec ses amis mais aussi sa famille, mais elle va apprendre de ses erreurs.

Les autres personnages sont aussi attachants qu’éclectiques et apportent chacun sa propre couleur dans le roman : Nora, Adrien, Alexia, Milou, Thomas, Scarlett, Lazlo… bref tout un panel de personnages que l’on va aimer ou détester et qui vont suivre Séléné tout au long du roman.

La romance est aussi présente dans ce livre avec le mystérieux Lazlo. Mais tout comme le fantastique, celle-ci est très bien dosée sans qu’on se retrouve dans un roman pour midinettes! Le fantastique est quand à lui parsemé à travers les déboires de l’adolescente. Par petites touches, on commence à découvrir un nouvel univers et j’espère que celui-ci aura plus de place dans le second tome.

Lune Mauve est donc avant tout un roman sur l’adolescence et ses difficultés. Tout les thèmes y sont abordés notamment l’amour, trouver sa place dans une mini-société comme le lycée, les réseaux sociaux et leur impact, l’alcool… sans que cela soit un livre dénonciateur.

J’ai aimé l’écriture de l’auteure qui est vraiment très fluide. Tout est vraiment très bien détaillé notamment les paysages et tout ce qui entoure Séléné. Cependant, il y a un seul bémol pour moi dans ce livre c’est que j’ai trouvé que tout ce qui ne concernait pas Séléné, notamment ses amis ou les autres personnages, n’étaient pas assez détaillés. J’ai eu l’impression parfois d’avoir raté un passage lorsqu’une révélation sur des personnages apparaissait. Mais je me demande si justement, cela n’est pas voulu par l’auteure, étant donné que le récit est raconté par Séléné, qui parfois à tendance à ne se préoccuper que d’elle même, elle apprend comme nous certaines choses comme un cheveu sur la soupe puisqu’elle ne s’était pas préoccupée plus que ça de ses amis… bref à méditer!!!!

 

En conclusion, ma note

4,5

Une jolie écriture nous dévoilant une héroïne authentique, saupoudrée de fantastique pour un premier tome très prometteur de cette trilogie.

 

Quelques citations

p59 : “Le temps est une mécanique étrange. Il a le don merveilleux de se suspendre l’instant d’un regard. J’avais la sensation que mon inconnu me scrutait depuis une éternité. Le dernier soleil de l’automne tamisant son or entre les branches, la douceur trompeuse de l’air chargé de l’odeur sucrée des magnolias, tout autour de moi se figea, gravant à jamais dans mon esprit la douloureuse perfection de cet instant.”

p97 : “ Un espoir mêlé de peur fit naître en moi des émotions d’une violence inconnue. La foudre m’avait frappée, bouleversant mon existence de son feu dévastateur. Les eaux paisibles de mon cœur s’étaient soulevées, et coulaient à présent dans mes veines comme un torrent tumultueux.”

p314 : “ J’étais redevenue la petite fille abandonnée d’autrefois. Celle qui avait tant de fois rêvé de cet instant sans imaginer que l’amertume des regrets l’empoisonnerait pour toujours.”

p334 : “ La morsure de la souffrance arriva plus tard, comme une vague refluant après le vide, insoutenable.”

p343 : “ L’atmosphère sauvage de l’île avait fini par mettre à nu ma souffrance. Telle une morte, un zombie, qui s’éveille lentement à la vie, tout me bouleversait. Le silence, l’âpreté du paysage. Le bleu insensé du ciel qui se mêle à l’eau. Le vent parfumé d’essences, piquant de sel.”

 

Petits plus

Marilou Aznar et moiLe 2 mars dernier, j’ai eu la chance de rencontrer l’auteure avec plusieurs autres blogueuses dans un salon de thé parisien grâce aux éditions Casterman. Une rencontre en petit comité nous permettant de poser pleins de questions à l’auteure et d’en savoir un peu plus sur elle. Marilou Aznar est vraiment très sympathique. Je suis très timide et elle a su nous mettre à l’aise étant donné qu’elle même avait un peu peur de cette première rencontre! Je n’ai pas pris de notes à gogo, ni même enregistré cet échange car je voulais en profiter un maximum. Mais voici en résumé ce que cette rencontre m’a appris :

Marilou écrit depuis l’enfance, elle a voulu écrire un livre pour ado car elle même se sent encore un peu ado. Elle aime le fantastique et la science-fiction mais pas la fantasy. Le fantastique dans son livre à petite dose permet de servir l’histoire sans étouffer le côté contemporain. Tous les lieux du roman existent et son des lieux qu’elle a déjà visité durant son enfance. Elle aime beaucoup les civilisation oubliées c’est pour cela qu’il en question dans le livre. Côté écriture, elle écrit toujours dans le désordre et non pas de manière chronologique, et elle a souvent jonglé entre les trois tomes. Elle adore lire et les réseaux sociaux!

Marilou Aznar dédicaceA la fin, une petite séance de dédicace (la première pour l’auteure) pour mon plus grand plaisir 🙂

Dédicace Marilou Aznar

Un auteure adorable vraiment très proche de ses lecteurs, n’hésitez surtout pas à visiter le blog du livre : http://bloglunemauve.wordpress.com/ ainsi que la page facebook tenue par Marilou Aznar elle même!

Le trailer du livre:

 

Enfin, l’auteure sera présente au salon du livre de Paris le dimanche 24 mars.

Livre lu dans le cadre 81568792_p Catégorie couleur





Dans le camp des assassins, Marie-Claude Bérot

2 03 2013

Dans le camps des assassins

Présentation de l’éditeur

«Ton père a tué un homme. Une vague étouffante. Mon corps tout entier roué de coups par cette phrase se décomposait. La colère prenait la relève de la peur. J’aurais pu tuer moi aussi.»

La vie de Clémence s’effondre quand elle apprend que son père est un meurtrier. Enfermée dans sa tristesse, elle partage ce lourd secret avec sa grand-mère. Comment accepter d’être la fille d’un père assassin ? En apprenant à aimer, tout simplement.

L’auteure

Marie-Claude Bérot

Marie-Claude Bérot est une auteure de livres pour la jeunesse originaire de Toulouse. Avant de se lancer dans l’écriture, elle était puéricultrice.

Son premier livre est Alazaïs en pays cathare, paru en 1994.

Le livre

Editions Flammarion – Collection [TRIBAL]

Format broché paru le 13 /02/13 – 128 pages

Mon avis

Dans le camp des assassins est un roman intimiste, où l’on rencontre Clémence, une jeune lycéenne de 17 ans qui apprend par sa grand mère une nouvelle bouleversante : son père est en prison car il a tué un homme.
C’est un livre qui se lit extrêmement vite et qui aborde le sujet de la reconstruction de soi suite à un drame. Reconstruction qui est plus difficile lorsqu’il touche une personne à l’âge de l’adolescence, cet âge où l’on se cherche et où toutes les choses du quotidien nous paraissent plus fortes.
Clémence est touchante, au fil de ma lecture, j’ai découvert les différentes facettes de sa personnalité : elle peut être à la fois révoltée et mauvaise mais aussi touchante et sensible. Au travers des pages, on s’aperçoit que Clémence, élevée par sa grand-mère, n’a pas eu une enfance tranquille et a vécu dans un climat familial tendu où elle ne voyait ses parents lors de rares occasions chaque année.

La nouvelle de sa grand mère va anéantir Clémence, elle qui adulait son père, le voyait comme un héros. Beaucoup de questions vont alors bousculer la jeune fille, notamment sur sa vie. Comment continuer à vivre après un événement bouleversant? Voilà tout le propos de ce livre.

Un livre très bien écrit, l’auteure a su utiliser les mots justes pour nous confier les sentiments qui bousculent Clémence..

Un petit bémol : la quatrième de couverture nous dévoile tout le livre! C’est donc pour cette raison que j’ai décidé de ne pas copier en entier. C’est dommage car je n’ai pas eu de surprise avec cette lecture et à la fin, il m’a manqué un petit quelque chose. J’aurai aimé en savoir d’avantage sur l’avenir de Clémence, avenir qu’on sait d’avance qu’il ne sera pas rose.

En conclusion, ma note

4

Un récit touchant écrit avec des mots justes, une héroïne révoltée mais attachante, pour un petit roman qui se lit très vite.

Quelques citations

p13 : « Ton père a tué un homme, ton père a tué un homme. La phrase avançait au galop de plus en plus rapide. Un gong dans la tête. Une vague étouffante. Je n’arrivais pas à la faire taire, mon corps tout entier roué de coups par cette phrase se décomposait. La colère prenait la relève de la peur. J’aurai pu tuer moi aussi. »

P23 :  » – N’aie pas peur, personne ne nous séparera.

– Je n’irai pas au lycée demain, je veux rester avec toi.

– Tu iras au lycée. Il faut absolument continuer notre vie de la même façon.

– Mais ce n’est pas possible!

– Notre peur, notre peine ne regarde que nous. Je suis sa mère, tu es sa fille, personne n’est plus proche de lui, mais on n’a pas le droit d’embarrasser les autres avec notre douleur. »





L’héritage des Darcer, tome 2 : Allégeance, Marie Caillet

10 02 2013
L'héritage des darcer t2

Présentation de l’éditeur

Renversée depuis des années par la terrible dictature d’Edrilion, la dynastie des Darcer n’a qu’une seule héritière, Mydria. Dernier espoir pour ses ancêtres, celle-ci doit accomplir la prophétie : retrouver le trésor familial enfoui et renverser le roi usurpateur. À la mystérieuse mort du souverain Keagan, la cour d’Edrilion est enfin libre de choisir son nouveau maître. Mais la reine, convaincue qu’il s’agit d’un meurtre, refuse d’abandonner son empire. Avec l’aide des Chimères, véritables extensions de son esprit et d’un lointain parent, elle met tout en œuvre pour conserver son trône. En haut lieu, personne ne se doute que l’héritière des Darcer est encore en vie. Pourtant, dans les faubourgs d’une ville malfamée, Mydria et son compagnon Orest luttent pour subsister. Alors qu’ils se croyaient loin de ces enjeux de pouvoir qui les dépassent, le destin va les ramener à Edrilion plus tôt que prévu. Mais au milieu du chaos qui menace le royaume, une simple jeune fille et un hors-la-loi sans autorité peuvent-ils encore rétablir la dynastie déchue ?

L’auteur

Marie Caillet
Très jeune auteure, puisque ce premier tome fut écrit à l’âge de 18 ans lorsqu’elle remporta le concours du nouvel auteur jeunesse.
Le premier tome de cette trilogie est paru le 14/10/2010, vous pouvez lire mon avis ici.
Le second tome , Allégeance, est paru le 01/12/2011.
Le dernier tome (d’ailleurs je suis en pleine lecture), La relève, est paru le 03/01/2013
N’hésitez pas à vous rendre sur le blog de l’auteure : http://mariecaillet.20minutes-blogs.fr/

Le livre

Editions Michel Lafon.
Format broché paru le 24/11/2011 – 370 pages.
Ce second tome possède également une couverture magnifique, avec une dominance de bleu (contrairement au premier qui était vert) avec une créature fantastique dont on devine l’espèce durant la lecture.

Mon avis

C’est avec plaisir que j’ai retrouvé les aventures de Mydria. Le premier tome avait été un coup de cœur à la fois pour le roman mais aussi pour cette jeune auteure, et ce second tome tient toutes ses promesses.
J’avais hâte de retrouver My et Orest mais malheureusement, il m’a fallut attendre 80 pages pour avoir enfin de leurs nouvelles !!!! En effet, le début du roman est concentré sur La Déléane et son stratagème pour mettre son parent au pouvoir d’Edrilion.
Avec ce tome, nous découvrons encore une toute nouvelle My. On est bien loin de la Mydria Siartt du début du premier tome, assez snob et prétentieuse. En effet, nous rencontrons My en compagnie d’Orest qui luttent pour survivre dans une ville d’Edrillon, vivant dans la pauvreté, mais ensemble coûte que coûte. Les retrouvailles avec Allian, leur compagnon d’aventure du premier tome, va à nouveau les mettre sur la quête des Darcer, afin que My puisse récupérer le trône qui lui est destiné.
Leur quête ne va pas être simple et un certain nombre de nouveaux personnages vont faire leur apparition, dont Kebren, une Kmett (espionne s’aidant de chats). Chaque personnage amène sa petite touche et finalement, ils sont tous attachants (comme lors du premier tome).
Dans ce tome, on découvre mieux Edrillon : ses différentes composantes, ses différentes créatures … et j’ai beaucoup aimé suivre My dans la découverte de ce royaume. De plus, le royaume de La Déléane est un peu moins mystérieux et l’on commence à découvrir certaines choses le concernant.
L’écriture est toujours aussi fluide, sans longueurs et je vais me répéter comme pour le premier tome, mais je reste bluffée par la qualité de l’écriture pour cette jeune auteure.

En conclusion, ma note

4

Une suite qui a su répondre à mes espérances, une jolie écriture entourant une quête pleine de rebondissement et de personnages hauts en couleurs!




Le temps n’efface rien, Stephen Orr

19 08 2012

Présentation de l’éditeur

Quand des enfants disparaissent, qu’advient-il de ceux qui restent ?
A neuf ans, Henry est un garçon solitaire ; son pied bot l’empêche de partager les jeux des enfants de son âge. Cet été-là, comme à son habitude, il reste dans sa chambre, lit beaucoup et ne fréquente que sa jeune voisine, Janice. Le jour de la fête nationale, elle lui propose de l’accompagner à la plage avec son frère et sa sœur. Henry, complexé, refuse. Les quatre enfants ne se reverront jamais. Un roman qui parle d’amitié, d’amour et de la difficulté de continuer à vivre après un drame. Inspiré d’un fait divers jamais résolu qui continue de hanter toute une population, Le Temps n’efface rien dresse un portrait doux-amer de l’Australie des années 1960.

L’auteur

Stephen Orr est un professeur, critique littéraire, chroniqueur et écrivain australien.

Le temps n’efface rien n’est pas son premier roman puisqu’il a également écrit trois autres livres, qui ne sont toujours pas traduit en France.

Le livre

Editions Presses de la cité – Paru le 16/08/2012.

Broché – 592 pages.

Mon avis

Un roman qui traite d’un fait réel, présenté par l’éditeur comme: « romance la tragique disparition des enfants Beaumont ». Nous sommes donc dans un récit qui qui mêle fait divers et fiction.

Ce livre est découpée en deux parties: l’avant et l’après disparition. Les deux parties sont racontée par Henry, un garçonnet de neuf ans, que le handicap l’isole, mais qui se lie d’amitié avec  ses voisins, qu’il connait depuis toujours et surtout de Janice, l’ainée de la famille Riley.

Dans la première partie, nous suivons l’avant, quelques jours avant la disparition des enfants, durant leurs vacances d’été. Henry nous peint sa vie, son quartier, ses voisins et pas seulement les Riley. Les descriptions dans ce livre sont à la fois visuelles et olfactives. On a l’impression de ressentir exactement ce que ressent, Henry, d’être vraiment à sa place.

Henry est un enfant vraiment extraordinaire, c’est un petit garçon vraiment très mûr pour son âge, qui comprend facilement le monde dans lequel il vit. On s’attache très vite à lui, tout comme l’ensemble des habitants de son quartier, de son monde à lui dans l’Australie des années 60. On découvre les liens qu’il entretient avec tous les habitants de son quartier. Les liens qu’il possède avec la famille Riley, une seconde famille pour lui, de vrais amis que se soit Janice ou Anna et Gavin. On découvre leurs jeux, leurs questions… bref leur quotidien d’enfants durant les grandes vacances. Mais aussi bien avant, car Henry nous raconte également des petits souvenirs. J’ai beaucoup aimé la relation qu’il entretien avec son père, qu’il considère comme son héros : son papa policier qui résout tous les problèmes. Ainsi qu’avec sa mère, qu’il a du mal à comprendre, malgré qu’elle soit comme lui et qu’il observe petit à petit son changement, sa défaillance.

Durant cette partie, Henry nous raconte également la vie des Riley et on ne peut que s’attacher à ces trois enfants pleins de vie. Notamment Janice, qui est une petite fille très intelligente, qui adore lire et souhaite devenir écrivaine, une petite pleine de de jugeote qui n’a pas froid aux yeux.

Dans la seconde partie, l’après, on suit toujours les habitants du quartier, les parents de Henry et les Riley. On observe le déroulement de l’enquête à travers les yeux de Henry, mais aussi ce qu’il s’imagine être lorsqu’il n’est pas là : les scènes que son père lui racontera pas la suite. On essaye de comprendre qui a pu enlever les enfants et pourquoi. On ressent les émotions de chacun, comme si c’était nous qui étions à leur place. On observe comment les habitants du quartiers réagissent : ceux qui veulent aider mais qui ne savent pas comment faire, et ceux qui continue leur petite vie comme si de rien n’était. On se met à la place des parents, on vit avec eux les reproches que chacun se fait mutuellement et leur douleur. Et surtout, on voit Henry qui essaye de s’en sortir.

C’est vraiment un roman plein d’émotions, qui évite le cliché du pathos. Un roman qui traite d’un sujet très difficile, avec subtilité, un très bon choix de narration. Le plus dur dans ce genre de faits, c’est de ne pas savoir et ne jamais savoir. Car inspiré de faits réels, on n’a jamais su ce qui était arrivé à ces enfants disparus dans les années 60.

En conclusion ma note

Un livre poignant, touchant, écrit de manière subtile avec des personnages très attachants.

Quelques citations

p69:  » Ma mère ressemblait à une matriochka, ces poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres : toutes les versions d’elle-même étaient identiques, à une légère différence près – une expression, un mot, un geste ou un silence. Empilées, enfermées les unes dans les autres, elles surgissaient aux moments les plus inattendus. Une mère cachait l’autre, du matin au soir. Capable de préparer des cookies, le sourire aux lèvres, et de vous houspiller l’instant d’après. »

p261:  » Janice avait dévorait le livre en une semaine. Puis elle était retournée voir le vieil homme et lui avait annoncé qu’elle voulait devenir écrivain. Il avait souri.

– Formidable! C’est grâce à Dickens?

– Oui. Grâce à Dickens.

– Et tu raconteras quoi, dans ton premier livre? »

Elle avait commencé à l’écrire, dans sa tête ou sur des bouts de papier qu’elle mettait dans un vieux classeur rangé dans le tiroir de son bureau. Tout nourrissait son inspiration: le ciel, les chansons qu’elle aimait, les silhouettes qu’elle dessinait dans le sable à la plage du sémaphore, les histoires qu’elle inventait pour Anna et Gavin, les accords que son père plaquait sur les cordes de son ukulélé […] »

p305:  » Elle avait besoin d’agir, d’être dans la réalité des choses pour chasser l’idée de son esprit. L’idée qui la hantait du matin au soir depuis des années – l’idée selon laquelle nul ne peut rien changer à rien. On ne peut rien réparer.  Rien mélanger. Rien tamiser ni clouer ni balayer. On est condamné à ressasser les mêmes pensées, encore et encore. Sans pouvoir les modifier. Hormis avec un peu d’engrais, un coup de râteau ou de sécateur de temps en temps. »

Petits plus

Je remercie la librairie Dialogues et les éditions Presses de la cité pour m’avoir permis de découvrir ce roman de la rentrée littéraire.